Bientôt un masque qui devient fluo lorsqu'il détecte le coronavirus

Andrée Navarro

En 2014, le laboratoire de bio-ingénierie de Jim Collins au MIT, le Massachusetts Institute of Technology, a commencé à développer des capteurs capables de détecter le virus Ebola lorsqu'il est lyophilisé sur un morceau de papier. Cette équipe de scientifiques du MIT et de Harvard a publié ses premières recherches en 2016. À cette époque, ils avaient adapté la technologie pour faire face à la menace croissante du virus Zika.

Aujourd'hui, ces chercheurs transforment leur outil pour identifier les cas de coronavirus. L'équipe conçoit un masque facial qui produit un signal fluorescent lorsqu'une personne atteinte du coronavirus respire, tousse ou éternue. Si la technologie s'avère efficace, elle pourrait remédier aux défauts associés à d'autres méthodes de dépistage comme la vérification de la température.

Selon Jim Collins "Lorsque nous rouvrirons nos voies de communication, il pourrait être utiles dans les aéroports, aux contrôles de sécurité et lorsque nous attendons de prendre l'avion". "Vous ou moi pourrions l'utiliser sur le chemin du travail. Les hôpitaux pourraient l'utiliser aussi pour les patients qui arrivent ou qui attendent dans la salle d'attente, afin d'effectuer un dépistage préalable des personnes infectées".

Les médecins pourraient s'en servir pour diagnostiquer les patients sur place, sans avoir à envoyer des échantillons à un laboratoire. À une époque où les tests de dépistage sont trop compliqués et où les retards ont entravé la capacité de nombreux pays à contrôler les épidémies, il est essentiel de disposer d'outils permettant d'identifier rapidement les patients.

Toujours selon Jim Collins, le projet actuel n'en est qu'à ses débuts, mais les résultats sont prometteurs. Ces dernières semaines, son équipe a testé la capacité des capteurs à détecter le nouveau coronavirus dans un petit échantillon de salive. L'équipe réfléchit également à des questions pratiques : en ce moment, le laboratoire se demande s'il faut intégrer les capteurs à l'intérieur d'un masque ou développer un module qui peut être fixé à n'importe quel masque en vente libre.

Cette technologie d'identification des virus a déjà fait ses preuves. En 2018, les capteurs du laboratoire pouvaient détecter les virus qui causent le SRAS, la rougeole, la grippe, l'hépatite C, le virus du Nil occidental et d'autres maladies.



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